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Islam Karimov dictateur paranoïaque

Islam Karimov dictateur paranoïaque
Dictateur et paranoïaque, voici les mots les plus utilisés dans la presse occidentale pour qualifier le président ouzbek, Islam Karimov. Sa fille, Lola Karimova-Tillyaeva est même allée jusqu’aux tribunaux français pour que le mot dictateur ne soit plus associé au nom de son père. Qui est donc Islam Karimov ? Qu’à t’il fait pour être considéré comme un dictateur ?
En poste depuis le 24 mai 1990 suite à la chute de l’URSS, Islam Karimov fait quasiment l’ « unanimité » auprès de son peuple. Lors des premiers « élection » en 1991, il devient président de l’Ouzbékistan avec 86% des suffrages. En 1995, il organise un référendum afin de prolonger son mandat jusqu’en 2000, référendum qui reçoit presque 100% de suffrages favorables. Le 9 janvier 2000, le président Karimov n’a été « réélu qu’à » 91.6% des suffrages face à un seul autre candidat. En janvier 2002, il fait encore prolongé son mandat grâce à un nouveau référendum. En 2007, il est encore « élu » pour 7 ans à la présidence de l’Ouzbékistan. Dans les pays occidentaux, un président ne peut en général pas être au pouvoir plus de 10 ans. De plus, l’opinion publique pense qu’il faut du changement à la présidence afin que le pays puisse avancer. Cumulant 23 années en tant que président de l’Ouzbékistan, Islam Karimov dépasse largement ces dix ans. De plus, le score qu’il obtient à chaque élection nous permettent d’émettre un sérieux doute sur l’authenticité de ces derniers.
« Je suis prêt à faire sauter les têtes de 200 personnes, à sacrifier leur vie, afin de préserver la paix et le calme dans la République ». Voici ce que déclarait Islam Karimov en publique en 1999. Déclaration que l’on n’imagine pas sortir de la bouche d’un dirigeant du monde occidental sans que le peuple et les politiciens ne demandent sa démission dans les minutes qui suivent. Les moyens utilisés par le président Karimov pour faire régner l’ordre lors des affrontements d’Andijan en mai 2005 (voir article : Troubles d’Andijan), accentue encore plus l’image de dictateur qu’il donne.
Actuellement plus de dix journalistes sont emprisonnés en Ouzbékistan pour avoir effectué un travail d’enquête sur des problèmes sociaux qui subsistent dans leur pays (Selon les chiffres de « Reporters sans frontières » http://fr.rsf.org/ouzbekistan-islam-karimov-02-05-2012,42418.html). Ces derniers peuvent encore se sentir « heureux » du sort qui leurs a été réservés car d’autres méthodes encore plus musclées ont été pratiquées par le régime d’Islam Karimov pour faire taire les membres de l’opposition ; lourdes peines de prisons pour terrorisme, internements forcés en hôpital psychiatrique ou tout simplement la disparition pour certains d’entre eux. 
 Dans le monde occidental, la liberté est sacrée. Nous ne pouvons donc qu’être révoltés d’apprendre par exemple que les sites internet de l’opposition ou encore les sites d’informations indépendants sont interdits et inaccessible aux Ouzbeks. Omniprésent dans les médias, Islam Karimov met en avant les constructions clinquantes qu’il a pu faire depuis ces 20 dernières années afin de faire miroiter à son peuple que c’est un grand président.
Voici quelques éléments de réponses qui nous permettent de comprendre pourquoi les médias occidentaux qualifient Islam Karimov de dictateur.


Article écrit par Fabio Fernandes, Groupe « Europe-Asie centrale »

Daniel Allgower

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