Routes de la Soie enseignant

Troubles Andijan 2005

Andijan, principale ville de la vallée de Ferghana située dans l’Est de l’Ouzbékistan, fut le théâtre d’une fusillade opposant des insurgées aux forces de l’ordre ainsi qu’une manifestation de la population locale dans la nuit du jeudi 13 mai au vendredi 14 mai 2005.
A l’origine de l’affrontement, un groupe de protestation visant à libérer 23 accusés en attente de jugement pour extrémisme et terrorisme, a pris d’asseau une prison et plusieurs bâtiments administratifs. L’armée Ouzbek est rapidement intervenue sous les ordres d’Islam Karimov afin de faire régner l’ordre et libérer les bâtiments occupés par les rebelles ainsi que de mettre fin à la manifestation de la population. Selon le gouvernement, les affrontements ont fait 9 morts et 36 blessés alors que les ONG et la population locale annonce des centaines de morts, dont une grande partie serait des civiles. Nul ne connaitra avec exactitude le nombre de morts survenu suite à ces affrontements.
Fidèle à lui-même, le régime de Karimov a tout fait pour étouffer cette affaire d’une manière plus que critiquable. En effet, les journalistes et correspondants étrangers ont été priés de quitter la région, les journalistes locaux quand à eux se sont vu menacés et la télévision nationale diffusait des danses folkloriques à la places des informations sur le sujets.
Le 23 mai 2005, l’Union européenne condamne le recours à la force de l’armée ouzbek, qu’elle qualifie d’« excessif, disproportionné et aveugle » et demande une mise en place d’une mission d’enquête internationale et indépendante afin d’éclaircir les zones d’ombres  qui persiste suite à cette journée. Faisant face au refus du gouvernement ouzbek, l’EU décide dès lors de mettre en place des sanctions contre l’Ouzbékistan, allant de « l’embargo sur les armes et équipements militaires jusqu’à suspension partielle de l’Accord de partenariat ». (Informations obtenus sur le site internet du gouvernement français).
En novembre 2006, l’Ouzbékistan renoue progressivement avec l’Union européenne après avoir autorisé une mission d’experts européens à revenir sur les troubles d’Andijan. Le dialogue entre les deux partis a progressivement repris levant ainsi les sanctions mis en place un an et demi plus tôt.
L’Union européenne a mis en avant les « efforts » fait par le gouvernement Ouzbek pour justifier la levée des sanctions. Toutefois, nous pouvons nous interroger si les intérêts économiques et politiques que pourraient avoir l’EU en Ouzbékistan ne jouent pas un rôle important dans cette décision. Est-ce que les auraient elles étés levées aussi rapidement si ces événements se serait dérouler au Tadjikistan, pays le plus pauvre d’Asie centrale ?

Article écrit par Fabio Fernandes, Groupe « Europe-Asie centrale »

 

Daniel Allgower

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